07/10/2006

 

Le faisceau de ma lampe de poche perce l’obscurité. Ton nom est gravé sur le cadre. Il y a une plaquette à côté de la toile que je n’arrive pas à lire. Ce musée est plein de poussière ! Cela doit indiquer ce que représente le cadre. Le titre et le sens du symbole… j’essaie de prendre du recul afin de voir le mur en entier. Tous ces types ! tant de lianes de branche en branche… J’ai l’impression de n’être jamais venu ici, pourtant je sais que c’est chez moi. Je trouve une boîte de mouchoirs et me couvre le nez et la bouche. La poussière est humide et l’air sent le moisi. Chacun de mes mouvements l’agite. Ce que je vois bouge comme un reflet dans l’eau. Je transpire et la poussière colle et me démange. L’arbre se met peu à peu à danser dans un vacarme de cliques et de claques. Les cadres suspendus s’entrechoquent et je m’agenouille en joignant les mains. Je répète avec ferveur du Rimbaud comme une litanie : crispe ses petits bras sur son fémur qui craque / Avec des cris pareils à des ricanements / Et comme un baladin rentre dans la baraque / Rebondit dans le bal au chant des ossements. C’est une formule magique. Le mur immense m’encercle. Il se rapproche en ondulant. J’essaie de courir, mais je glisse sur un tapis de feuilles sans avancer d’un mètre. Je me rends compte que je ne suis pas sur le sol comme à mon arrivée mais que je me tiens quelque part dans cet arbre fou qui cliquette. Obligé de danser pour conserver mon équilibre, je crie « dépose-moi ! » Alors les branches s’écartent, je tombe et me réveille.

15:30 Écrit par YYY dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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